Expertise SPIE Sustainability IT · Lecture : 14 min
Sustainable IT : La feuille de route pour maîtriser l'empreinte de votre infrastructure IT
La CSRD impose depuis 2024 un reporting détaillé sur les impacts environnementaux, y compris numériques, pour les grandes entreprises, et le périmètre s'élargit progressivement, les engagements RSE se multiplient et les directions générales demandent des comptes. Pour un DSI ou un CTO, la question n'est plus "faut-il agir sur l'empreinte carbone informatique ?" mais "par où commencer, comment prioriser et comment démontrer des résultats mesurables ?" C'est précisément l'objet d'une feuille de route Numérique Responsable sérieuse.
Ce guide vous propose une méthodologie complète en quatre étapes - Évaluer, Construire, Agir, Communiquer - pour engager une démarche Numérique Responsable qui tient dans la durée. Vous y trouverez les bons indicateurs, les leviers concrets classés par domaine, les ordres de grandeur à connaître et les pièges à éviter. SPIE accompagne des organisations de toutes tailles dans cette transition écologique numérique, avec des outils d'action concrets.
Sustainable IT, Green IT, IT for Green : trois notions à distinguer
Avant de construire une feuille de route, il faut s'entendre sur les termes. Les trois notions coexistent dans les stratégies de transformation numérique durable, mais elles ne désignent pas la même réalité. Les confondre revient à se fixer des objectifs flous et à mesurer les mauvaises choses.
Trois concepts complémentaires, un même horizon
La Green IT désigne la réduction de l'empreinte environnementale du système d'information lui-même. C'est l'approche "nettoyer sa propre maison" : allonger la durée de vie des équipements, optimiser les data centers, réduire la consommation énergétique des serveurs, pratiquer la sobriété numérique au quotidien.
Le Sustainable IT, ou Numérique Responsable, est une notion plus large. Il intègre les dimensions environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) dans l'ensemble des décisions IT. Il englobe l'approvisionnement durable, la gestion du cycle de vie des équipements, la gouvernance Green IT et le reporting. C'est le cadre stratégique dans lequel s'inscrit la feuille de route.
L' IT for Green renverse la perspective : il désigne l'utilisation des outils IT pour améliorer la performance environnementale d'autres actifs de l'entreprise. Exemples concrets : les capteurs intelligents qui pilotent la consommation énergétique des bâtiments, les systèmes de monitoring qui optimisent les procédés industriels, les plateformes qui réduisent les déplacements professionnels.
- Green IT - réduire l'empreinte du SI lui-même
- Sustainable IT / Numérique Responsable - gouverner le SI selon des principes ESG
- IT for Green - utiliser les outils IT pour décarboner les autres métiers
Ces trois dimensions sont complémentaires. Une feuille de route numérique responsable efficace les articule : elle réduit l'empreinte du SI lui-même, l'inscrit dans une gouvernance ESG globale, et mobilise les outils IT au service de la décarbonation de l'ensemble de l'organisation.
Pourquoi "réduire son empreinte IT" sans méthode, c'est du greenwashing
Beaucoup d'organisations annoncent des engagements de réduire leur impact environnemental de leur système d'information sans disposer d'un plan d'actions formalisé. Résultat : des initiatives dispersées, des économies surestimées et une crédibilité fragilisée dès que les parties prenantes demandent des preuves.
Les trois erreurs classiques des démarches non structurées
Erreur 1 - Agir avant de mesurer. Sans diagnostic de l'existant, il est impossible de savoir d'où l'on part ni où concentrer les efforts. Or, l'empreinte carbone informatique se répartit de façon très inégale entre les équipements terminaux, les data centers, le réseau et le cloud. Agir sans mesurer, c'est optimiser à l'aveugle et ne pouvoir démontrer aucun progrès lors des revues RSE ou des audits.
Erreur 2 - Confondre quick-wins et stratégie. Éteindre les écrans le soir, remplacer les imprimantes ou sensibiliser les collaborateurs sont des actions utiles, mais elles ne constituent pas une approche stratégique NR. Ces mesures produisent un effet réel mais marginal sur l'empreinte globale. Sans vision à 3 ans, on mobilise de l'énergie organisationnelle pour un résultat marginal.
Erreur 3 - Substituer la communication à la gouvernance. La sobriété numérique ne se décrète pas dans un bilan RSE. Elle suppose des engagements formalisés, des indicateurs suivis dans le temps, un responsable Numérique Responsable identifié et une intégration dans les processus de décision IT. Sans ces éléments, la démarche n'est pas une démarche : c'est un récit.
Étape 1 - Évaluer : mesurer l'empreinte carbone IT avant d'agir
La première étape d'une feuille de route Numérique Responsable sérieuse est toujours un état des lieux objectif. L'enjeu est de cartographier l'existant, de quantifier les flux matière et énergie, et de se positionner par rapport aux standards du marché pour identifier les priorités réelles.
L'analyse de cycle de vie de l'infrastructure IT
Quantifier l'empreinte carbone d'un parc IT ne se limite pas à mesurer la consommation électrique des serveurs. Une analyse de cycle de vie (ACV) prend en compte l'ensemble des phases : fabrication des équipements, transport, usage, et fin de vie. C'est cette vision complète qui permet d'identifier où se concentrent réellement les impacts, et donc où agir en priorité.
Dans la pratique, la fabrication des équipements terminaux représente la part dominante de l'empreinte carbone IT, souvent supérieure à la consommation énergétique à l'usage. Ignorer cette dimension, c'est sous-estimer structurellement son empreinte et mal orienter ses investissements.
SPIE conduit ces analyses via la plateforme Resilio, conforme à la norme ISO 14067 sur la quantification de l'empreinte carbone des produits et services. Elle permet de modéliser l'empreinte de l'infrastructure IT poste par poste, équipements utilisateurs, serveurs, équipements réseau, cloud, et de produire des résultats auditables, comparables dans le temps et communicables en toute crédibilité lors des revues RSE.
Pour les organisations qui démarrent, cette analyse révèle presque systématiquement des priorités différentes de celles perçues en interne. C'est une étape inconfortable, mais indispensable : on ne pilote bien que ce qu'on mesure.
Mesurer l'empreinte carbone IT : l'apport de l'analyse du cycle de vie
La simple mesure de la consommation électrique ne suffit pas à mesurer empreinte carbone IT de façon complète. L'analyse du cycle de vie (LCA ou ACV) appliquée à l'infrastructure IT permet de quantifier les 16 indicateurs liés aux limites planétaires (gaz à effet de serre, consommation en eau, consommation électrique, équivalence en ressources abiotiques…) numérique émis à chaque étape : fabrication des équipements, transport, phase d'utilisation et fin de vie.
Cette approche révèle une réalité souvent sous-estimée : pour un terminal utilisateur (PC, laptop, smartphone), la phase de fabrication représente 70 à 80 % de l'empreinte carbone totale. Ce chiffre inverse la logique des actions prioritaires : allonger la durée de vie du parc a un impact bien plus fort que d'optimiser la consommation en veille.
Pour les data centers, la LCA met en évidence les principaux gisements : le refroidissement data center (30 à 40 % de la consommation électrique totale dans les architectures classiques), la nature de l'énergie utilisée et le taux de réelle utilisation des serveurs. Ces données fondent l'architecture des chantiers prioritaires dans la feuille de route.
Des outils comme Resilio, Boavizta, les calculateurs de l'ADEME ou les modules dédiés des fournisseurs cloud permettent de produire un premier ordre de grandeur fiable. Pour aller plus loin, un accompagnement par un expert en empreinte environnementale entreprise permet de produire des données auditables, compatibles avec les exigences CSRD.
Étape 2 - Construire : bâtir une feuille de route Numérique Responsable sur mesure
Une fois le diagnostic réalisé, l'enjeu est de structurer un plan d'actions IT responsable cohérent, priorisé et ancré dans les contraintes réelles de l'organisation. Ce n'est pas un catalogue de mesures génériques : c'est une feuille de route calibrée sur vos résultats d'audit, votre contexte budgétaire et vos échéances réglementaires.
Les 5 chantiers clés de l'infrastructure IT
Une feuille de route Numérique Responsable s'organise autour de cinq domaines d'action. Chacun porte des leviers spécifiques et des ordres de grandeur de réduction d'impact différents. La combinaison et la séquence des chantiers clés infrastructure dépendent du diagnostic initial.
- Stratégie et gouvernance : définir une politique de numérique responsable au niveau de la direction, désigner des référents, fixer des objectifs mesurables et piloter l'impact dans la durée avec des indicateurs vérifiables.
- Achats et approvisionnement : intégrer des critères RSE numériques dans les appels d'offres, privilégier les fournisseurs engagés dans une démarche environnementale et sociale documentée, et évaluer les produits selon leur cycle de vie complet.
- Terminaux et équipements : privilégier le réemploi, allonger la durée de vie du matériel et limiter le renouvellement des équipements au strict nécessaire.
- Infrastructures et datacenters : optimiser l'efficience énergétique des serveurs et des réseaux, suivre des indicateurs comme le PUE, et privilégier un hébergement responsable.
- Usages et services numériques : ancrer des pratiques sobres au quotidien, messagerie, stockage, visioconférence, et intégrer l'éco-conception dès la conception des applications et outils internes.
Quick-wins et chantiers longs : comment prioriser sur une feuille de route
Une feuille de route Green IT bien construite articule deux horizons temporels qui se complètent plutôt qu'ils ne s'excluent.
Horizon court terme (0-12 mois) - les quick-wins. Ce sont des actions à fort impact visible et faible complexité d'exécution : activation des politiques de mise en veille, suppression des données redondantes et obsolètes (ROT data), audit des licences logicielles inutilisées, révision de la politique d'impression. Ces actions ne transforment pas l'empreinte à elles seules, mais elles créent une dynamique organisationnelle, produisent des résultats mesurables rapidement et génèrent les premières économies qui financent les chantiers plus lourds.
Horizon moyen terme (1-3 ans) - les chantiers structurants. Ce sont les leviers à fort potentiel de réduction d'impact : remplacement progressif du parc par des équipements reconditionnés ou labellisés, refonte de l'architecture data center, migration vers un hébergement avec un mix énergétique bas-carbone, certifié ou avec des engagements vérifiables, déploiement d'un programme de formation à la sobriété numérique, intégration des critères NR dans les marchés IT. Ces chantiers demandent une gouvernance dédiée, des budgets identifiés et un pilotage dans la durée.
La priorisation croise trois variables : l'impact potentiel sur les indicateurs environnementaux clés (émissions de GES, consommation électrique,…), la faisabilité organisationnelle (budget, compétences, dépendances) et le retour sur investissement, y compris les économies d'énergie générées.
Étape 3 - Agir : les leviers concrets pour réduire l'impact environnemental
La mise en oeuvre du plan d'actions IT responsable s'organise selon les cinq domaines du diagnostic NR : Gouvernance, Achats, Projets, Usages et Engagements. Voici les principaux leviers par domaine, avec leur logique d'action.
Gouvernance NR : poser les bases organisationnelles
Sans gouvernance dédiée, les initiatives restent dispersées et s'éteignent au premier changement de priorité. La gouvernance Numérique Responsable est le socle sans lequel aucune des actions suivantes ne tient dans la durée.
- Désigner un responsable Numérique Responsable au sein de la DSI, avec une mission formalisée et des objectifs mesurables
- Créer un comité de pilotage IT et Développement Durable, associant la DSI, les achats, les ressources humaines et la direction RSE
- Intégrer des KPIs environnementaux dans les tableaux de bord IT (consommation électrique, PUE, durée de vie du parc)
- Formaliser une politique Numérique Responsable, diffusée et appliquée
- Aligner la feuille de route NR sur la stratégie RSE de l'entreprise pour éviter les incohérences de communication
La gouvernance NR transforme un projet ponctuel en processus d'amélioration continue. C'est aussi ce qui permet de produire des données fiables pour le reporting CSRD ou les certifications telles que le label NR.
Achat responsable et cycle de vie des équipements
L'achat responsable est l'un des leviers les plus efficaces pour réduire l'empreinte carbone informatique, car il agit sur la phase de fabrication - la plus émissive dans le cycle de vie d'un terminal utilisateur. Agir sur les achats, c'est agir sur le poste dominant de l'empreinte.
- Intégrer des critères environnementaux dans les cahiers des charges (labels EPEAT Gold, TCO Certified, Energy Star)
- Allonger la durée de vie du parc matériel de 3 à 5 ans minimum, avec des politiques de maintenance préventive
- Développer l'achat d'appareils informatiques durables et reconditionnés via des filières certifiées (re-useIT, par exemple)
- Mettre en place une procédure de collecte et de valorisation des déchets électroniques (DEEE) traçable
- Auditer les fournisseurs IT sur leurs engagements environnementaux dans le cadre d'une démarche d'approvisionnement durable
Pour les organisations soumises à la loi REEN informatique ou aux exigences de marchés publics européens, certains de ces critères deviennent contractuellement obligatoires. Pour les autres, ils constituent un avantage concurrentiel dans les réponses aux appels d'offres et un argument ESG de poids auprès des investisseurs.
Optimisation des data centers et du refroidissement
Les data centers constituent un poste majeur de l'empreinte environnementale d'une infrastructure IT. Le refroidissement data center peut représenter à lui seul 30 à 40 % de la consommation électrique totale d'un centre de données conventionnel. C'est un gisement d'optimisation considérable.
- Améliorer le PUE (Power Usage Effectiveness) en dessous de 1,4 pour les sites existants, sous 1,2 pour les nouvelles constructions
- Passer au free cooling ou au refroidissement adiabatique pour réduire la consommation frigorifique, les gains varient selon le contexte climatique et l'architecture existante, mais peuvent être significatifs dans des environnements tempérés.
- Augmenter le taux de virtualisation des serveurs pour réduire le nombre de machines physiques actives
- Explorer la mutualisation serveurs entre entités ou sites d'un même groupe pour optimiser les taux d'utilisation réels
- Alimenter les data centers en énergie renouvelable via des PPAs (Power Purchase Agreements) ou des certificats de garantie d'origine
- Évaluer la migration vers des infrastructures de colocation spécialisées, dont les opérateurs atteignent généralement de meilleurs PUE grâce à des taux d'utilisation mutualisés plus élevés.
Cloud responsable et pratiques de green ops
La migration cloud ne réduit pas mécaniquement l'empreinte carbone informatique. Tout dépend du fournisseur choisi, de l'architecture déployée et de la façon dont les ressources sont pilotées au quotidien. Un cloud mal dimensionné et peu piloté peut consommer plus qu'un data center on-premise bien optimisé.
Un cloud responsable suppose en pratique :
- Le choix de fournisseurs disposant d'engagements carbone vérifiables et publiés (bilan carbone, PUE des datacenters, part d'ENR)
- Une architecture cloud optimisée évitant le surprovisionnement systématique (rightsizing, auto-scaling)
- Des pratiques de green ops : extinction automatique des ressources non utilisées, politiques d'économie planifiées, suppression des environnements de test inactifs
- Un suivi de l'empreinte cloud avec des outils dédiés (Cloud Carbon Footprint, outils natifs des fournisseurs)
- Une réflexion sur la localisation des données pour réduire la latence réseau et répondre aux exigences de souveraineté et de conformité réglementaire (RGPD, Cloud Act).
IT for Green : la technologie au service de l'efficacité énergétique des bâtiments
L'IT for Green est souvent le levier le plus sous-estimé dans les feuilles de route Sustainable IT. Il désigne l'utilisation des outils numériques pour réduire l'empreinte d'autres actifs de l'organisation et en premier lieu les bâtiments, qui représentent 40 % de la consommation énergétique européenne.
Les solutions de pilotage intelligent des bâtiments tertiaires et industriels permettent de réduire la consommation énergétique de 25 à 35 % selon les configurations, grâce au monitoring en temps réel, à l'optimisation des équipements CVC (chauffage, ventilation, climatisation) et à l'automatisation des scénarios d'usage. SPIE propose une solution IA de monitoring et d'optimisation énergétique des bâtiments qui traduit concrètement la démarche IT for Green en résultats mesurables sur la facture énergie.
Ce type de démarche inverse la logique habituelle : la technologie n'est plus seulement l'objet de la démarche environnementale, elle en devient un levier actif. C'est aussi un argument commercial fort dans les réponses à appels d'offres qui intègrent des critères ESG.
Usages numériques et sobriété numérique des collaborateurs
La dimension "usages" est souvent le parent pauvre des feuilles de route Numérique Responsable. Elle est pourtant significative, notamment sur le stockage de données et l'utilisation des équipements terminaux, qui représentent une part importante de l'empreinte carbone informatique totale d'une organisation.
- Former les collaborateurs aux bonnes pratiques numériques : gestion des emails, stockage cloud, recours raisonné à la visioconférence en haute définition
- Mettre en place des politiques de nettoyage des données (data lifecycle management) : on estime que 30 à 40 % des données stockées en entreprise sont redondantes, obsolètes ou sans valeur
- Sensibiliser aux enjeux environnementaux IT pour créer une culture de sobriété numérique partagée, pas seulement une liste de règles
- Intégrer les critères NR dans les projets IT dès la phase de conception (green by design, éco-conception des services numériques)
- Mesurer l'empreinte des usages numériques pour identifier les comportements et les outils les plus émissifs
Étape 4 - Communiquer et reporter : intégrer la transition dans la gouvernance d'entreprise
Une démarche de sustainable IT qui ne se reflète pas dans le reporting de l'entreprise n'existe pas aux yeux des parties prenantes externes. Cette quatrième étape est souvent négligée, alors qu'elle conditionne la crédibilité de l'ensemble de la démarche et sa pérennité organisationnelle.
Reporting et intégration CSRD
La directive européenne CSRD impose à un nombre croissant d'entreprises de publier des informations détaillées sur leur empreinte environnementale dans un rapport de durabilité normalisé. Le numérique, longtemps peu visible dans les bilans carbone, s'y intègre désormais principalement via le scope 3, sous l'impulsion de la CSRD et des attentes croissantes des parties prenantes.
L'enjeu pour les équipes IT : produire des données fiables sur les gaz à effet de serre numérique et autres impacts numériques, ventilées par scope (1, 2, 3), et les intégrer dans le rapport de durabilité selon les standards ESRS (European Sustainability Reporting Standards). Cela suppose des systèmes de collecte de données structurés, des méthodologies de calcul validées et une traçabilité sur l'ensemble de la chaîne - du terminal utilisateur au data center, en passant par le réseau et le cloud.
Les organisations en avance sur la CSRD IT utilisent leur feuille de route NR comme ossature du reporting : chaque action mise en oeuvre produit des données qui alimentent directement les indicateurs environnementaux publiés. La feuille de route devient ainsi un actif stratégique, pas seulement un outil de pilotage interne.
Label numérique responsable et transformation durable
Le label NR (label Numérique Responsable de l'INR) ou des référentiels équivalents permettent de faire valider la démarche de transformation numérique responsable par un tiers indépendant. C'est un argument fort auprès des donneurs d'ordre, des investisseurs et des équipes internes.
La communication vers les parties prenantes doit répondre à quatre critères pour être crédible :
- Factuelle : s'appuyer sur des indicateurs mesurés, pas sur des estimations ou des projections présentées comme des réalisations
- Séquencée : montrer la progression d'une année sur l'autre plutôt qu'un résultat isolé
- Contextuelle : expliquer ce que représentent les chiffres (par exemple, X tonnes de CO₂ évitées correspondent à Y équivalents-voyages longue distance)
- Transparente sur les limites : ne pas surestimer les résultats, reconnaître les périmètres non encore couverts
Un plan d'actions IT responsable documenté, avec des indicateurs suivis et des résultats vérifiables, est le meilleur rempart contre les accusations de greenwashing. Il transforme une ambition en gouvernance NR réelle. À noter : la directive européenne sur les allégations environnementales (Green Claims Directive), en cours d'adoption, va encadrer juridiquement ce type de communication. Les entreprises qui anticipent ces exigences, données vérifiables, périmètres explicites, absence d'allégations vagues, se prémunissent à la fois contre le greenwashing et contre un risque réglementaire croissant.
Les chiffres de référence pour calibrer vos ambitions
Avant de fixer des objectifs, il est utile d'avoir des ordres de grandeur en tête. Les données ci-dessous proviennent d'études sectorielles et de retours d'expérience sur des démarches déployées en entreprise en Europe et en Suisse.
-10 à -20 % de réduction d'empreinte carbone informatique en 3 ans avec une feuille de route complète (source : Wavestone)
-25 à -35 % d'économies énergétiques sur les bâtiments grâce aux solutions de pilotage intelligent (IT for Green)
70-80 % de l'empreinte carbone d'un terminal utilisateur générée lors de la fabrication - pas pendant l'utilisation
30-40 % de la consommation électrique d'un data center classique absorbée par le refroidissement
30-40 % des données stockées en entreprise sont redondantes, obsolètes ou sans valeur (ROT data)
À RETENIR : Ces ordres de grandeur servent de référence pour construire un business case crédible et fixer des objectifs ambitieux mais atteignables. Ils montrent aussi que les gains les plus importants - empreinte des terminaux, refroidissement data center, données inutiles - ne sont pas là où les entreprises concentrent spontanément leurs efforts.
Ce que SPIE propose pour votre démarche sustainable IT
L'approche de SPIE s'articule autour des quatre étapes décrites dans ce guide, avec des livrables concrets à chaque phase et une orientation délibérément opérationnelle plutôt que théorique.
- Étape 1 - Évaluer Diagnostic de maturité NR sur les cinq domaines (Gouvernance, Achats, Projets, Usages, Engagements) et analyse du cycle de vie de l'infrastructure IT, pour produire un état des lieux factuel, un score de maturité et les priorités d'action documentées.
- Étape 2 - Construire Feuille de route découlant directement des résultats du diagnostic et de l'ACV, avec estimation d'impact pour chaque levier et mise en cohérence avec les échéances de labélisation NR.
- Étape 3 - Agir Déploiement des chantiers identifiés : prolongation et reconditionnement du parc (filière re-useIT), optimisation des data centers, pilotage énergétique des bâtiments avec IT4Green, accompagnement à la sobriété numérique.
- Étape 4 - Communiquer Sensibilisation des collaborateurs et des parties prenantes via des ateliers (Fresque du Numérique, Climate Fresk).
Les clients typiques sont des entreprises de taille intermédiaire et des grands comptes multi-sites, souvent à un carrefour : soit en phase de première structuration de leur démarche numérique responsable, soit en préparation du label NR.
Questions fréquentes
Combien de temps faut-il pour construire une feuille de route Sustainable IT?
Un diagnostic de maturité NR initial représente généralement un mandat de cinq à dix jours, réalisable en quelques semaines selon la disponibilité des équipes. La feuille de route en est le livrable direct, issue des résultats du diagnostic et de l'ACV. La mise en œuvre varie ensuite selon l'ambition des chantiers retenus et la complexité de l'organisation.
Quels sont les chantiers les plus rentables à court terme dans une infrastructure IT ?
Les actions à fort impact visible et faible complexité d'exécution concernent principalement :
- La suppression des ROT data (données redondantes, obsolètes ou sans valeur) qui représentent 30 à 40 % du stockage en entreprise
- L'activation des politiques de mise en veille et d'extinction automatique des équipements
- L'audit des licences logicielles inutilisées et des ressources cloud surprovisionnées
- Sensibiliser les collaborateurs à la gestion des données personnelles stockées (drives, boîtes mail, doublons)
Ces quick-wins permettent d'obtenir des résultats mesurables rapidement, sans investissement majeur, tout en créant une dynamique organisationnelle favorable aux chantiers plus structurants. L'allongement de la durée de vie du parc matériel est également un levier à initier rapidement, même si ses effets sont pleinement visibles sur deux à trois ans.
Comment mesurer concrètement l'empreinte carbone de mon infrastructure IT ?
La mesure repose sur trois sources de données principales :
- La consommation électrique (factures, relevés des compteurs intelligents, données des fournisseurs cloud)
- L'inventaire du parc matériel (nombre, âge, type et localisation des équipements)
- Les données fournisseurs (hébergement, réseau, télécoms)
Des outils comme Resilio, Cloud Carbon Footprint ou les calculateurs de l'ADEME permettent de calculer les émissions en CO₂ équivalent à partir de ces données. L'analyse du cycle de vie (LCA) ajoute la dimension fabrication, qui est souvent la plus importante pour les terminaux utilisateurs. Pour une mesure auditable et compatible CSRD, un accompagnement expert est recommandé dès le premier bilan.
La virtualisation et la migration cloud réduisent-elles automatiquement l'empreinte carbone IT ?
Non, pas automatiquement. La virtualisation des serveurs réduit le nombre de machines physiques et améliore le taux d'utilisation réel, ce qui peut réduire la consommation énergétique de 20 à 40 % selon le point de départ. Mais le gain dépend du taux de virtualisation initial et de la façon dont les ressources libérées sont gérées.
La migration cloud peut augmenter l'empreinte si elle n'est pas accompagnée d'un rightsizing rigoureux et du choix d'un fournisseur engagé. Un cloud responsable bien piloté - avec des pratiques de green ops, une extinction des ressources inactives et un monitoring de l'empreinte cloud - peut en revanche réduire significativement l'empreinte globale par rapport à un data center on-premise vieillissant.
Quelles sont les obligations réglementaires Sustainable IT en Suisse et en Europe en 2025-2026 ?
En Europe, la directive CSRD impose à un nombre croissant d'entreprises de publier des informations sur leur empreinte environnementale numérique dans leur rapport de durabilité selon les standards ESRS. En France, la loi REEN informatique impose des obligations spécifiques aux opérateurs et, progressivement, aux grandes entreprises sur leur empreinte numérique.
En Suisse, les obligations de transparence environnementale découlent de la révision du Code des obligations (art. 964a CO), en vigueur depuis 2023 pour les entreprises cotées et d'intérêt public. Pour les organisations actives dans les deux espaces réglementaires, l'alignement sur les standards européens constitue la stratégie la plus robuste et la plus pérenne.
Votre infrastructure IT mérite une feuille de route à sa mesure.
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