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Numérique responsable : un levier concret de transformation culturelle pour l’entreprise

Publié le 13 mai 2026

Par SPIE Suisse SA • Juin 2025

 

Numérique Responsable : Un levier concret de transformation culturelle pour l'entreprise

Le numérique responsable s'impose progressivement comme un levier concret pour les organisations souhaitant conjuguer efficacité opérationnelle, engagement collaborateur et réduction de leur empreinte environnementale. Chez SPIE, nous accompagnons les entreprises suisses qui veulent faire de la transition numérique responsable bien plus qu'une obligation réglementaire : un vrai moteur de cohésion et de compétitivité durable.

 

C'est quoi le numérique responsable ?

Le numérique responsable désigne une approche globale visant à réduire l'impact environnemental numérique des organisations tout au long du cycle de vie des équipements et des usages. Il recouvre la sobriété numérique (réduire les usages superflus), la conception éthique des services digitaux, la gestion responsable du matériel et la sensibilisation des collaborateurs aux enjeux de pollution numérique.

On parle de RSE numérique ou de développement durable numérique pour qualifier cette dynamique, mais la réalité est plus concrète : il s'agit d'intégrer des critères environnementaux, sociaux et économiques dans chaque décision liée au numérique, des achats de matériel jusqu'aux comportements des utilisateurs au quotidien.

 

Un impact environnemental numérique trop longtemps minimisé

Le secteur numérique représente aujourd'hui 2 % des émissions en Suisse et près de 4 % au niveau mondial. En Suisse comme ailleurs, l’empreinte écologique numérique des entreprises continue de croître :

  • multiplication des appareils connectés,
  • explosion du stockage cloud non rationalisé,
  • renouvellement prématuré des terminaux.

Pourtant, selon Gartnerr (2024)[1], 69 % des CEOs considèrent la durabilité comme une opportunité de croissance majeure, la plaçant dans le top 10 des priorités business. Ce paradoxe pointe un manque réel : la conscience existe, mais la stratégie de Numérique Responsable fait défaut. Mettre en place une démarche de développement durable numérique n'est plus un signal de militantisme d'entreprise. C'est un levier direct sur l’image de marque, l'attractivité des talents et la crédibilité ESG auprès des parties prenantes.

 

Les 5 piliers du numérique responsable

Pour structurer une démarche cohérente, le référentiel de l'Institut du Numérique Responsable (INR) identifie cinq axes complémentaires :

  • Stratégie et gouvernance : définir une politique de numérique responsable au niveau de la direction, désigner des référents, fixer des objectifs mesurables et piloter l'impact dans la durée avec des indicateurs vérifiables.
  • Achats et approvisionnement : intégrer des critères RSE numériques dans les appels d'offres, privilégier les fournisseurs engagés dans une démarche environnementale et sociale documentée, et évaluer les produits selon leur cycle de vie complet.
  • Terminaux et équipements : privilégier le réemploi, allonger la durée de vie du matériel et limiter le renouvellement des équipements au strict nécessaire.
  • Infrastructures et datacenters : optimiser l'efficience énergétique des serveurs et des réseaux, suivre des indicateurs comme le PUE, et privilégier un hébergement responsable.
  • Usages et services numériques : ancrer des pratiques sobres au quotidien - messagerie, stockage, visioconférence - et intégrer l'éco-conception dès la conception des applications et outils internes.

Ces cinq piliers constituent le cadre d'une transition numérique responsable qui dépasse la simple conformité et crée une dynamique organisationnelle durable.

 

Changer les outils ne suffit pas : le facteur humain au cœur du NR

Déployer une infrastructure informatique sobre, migrer vers un data center basse consommation ou rationaliser les ressources serveur sont des étapes indispensables. Mais elles ne produisent des effets durables que si les équipes comprennent pourquoi elles agissent et adoptent de nouvelles habitudes. Sans adhésion humaine, les gains techniques s'évaporent : le stockage inutile s'accumule, les appareils restent allumés, les emails volumineux continuent de circuler.

La dimension culturelle du numérique responsable n'est pas un supplément d'âme. C'est ce qui rend toute démarche technique pérenne.

 

De la sensibilisation collaborateurs au changement organisationnel

La vraie transformation culturelle commence quand la démarche NR sort du seul périmètre IT pour devenir l'affaire de toutes les fonctions. Ce glissement, de la sensibilisation des collaborateurs vers un changement organisationnel transversal profond, différencie les entreprises qui produisent des résultats mesurables de celles qui s'en tiennent aux bonnes intentions. Accompagner la transformation, c'est créer les conditions d'un engagement durable : formations adaptées, champions internes, routines d'équipe et reconnaissance des initiatives concrètes.

 

Les 3 niveaux d'engagement à activer

La transformation culturelle vers un numérique responsable s'opère à trois échelles complémentaires. Ignorer l'une d'elles, c'est construire une démarche fragile.

  • Niveau individuel : gestes quotidiens, sobriété numérique personnelle, prise de conscience de sa propre empreinte écologique numérique.
  • Niveau collectif : ateliers de sensibilisation, désignation de champions internes, routines d'équipe et revues régulières des pratiques durables.
  • Niveau institutionnel : politique DSI intégrant des objectifs NR mesurables, critères achats responsables, gouvernance dédiée et reporting ESG.

Cette cohérence entre les trois échelles, individuelle, collective et institutionnelle, est le fondement d'une stratégie de durabilité numérique résiliente. Chaque niveau se renforce mutuellement et crée une dynamique que les indicateurs classiques de performance commencent à refléter.

 

RH, achats, communication : impliquer toutes les fonctions

La transition numérique responsable ne peut pas rester l'affaire exclusive de la DSI. Pour conduire le changement à l'échelle de l'organisation, trois fonctions doivent être activées en parallèle.

  • Les ressources humaines intègrent les critères NR dans l'onboarding, la formation continue et l'évaluation des collaborateurs. L’engagement collaborateur sur les enjeux numériques devient un indicateur de culture interne à part entière.
  • Les équipes achats appliquent des critères environnementaux dans les appels d'offres matériels et logiciels, favorisant l’optimisation des ressources et la sélection de fournisseurs engagés dans une démarche NR.
  • La communication interne joue un rôle moteur dans la cohésion interne : elle valorise les initiatives terrain, communique sur les avancées mesurées et maintient la dynamique entre deux jalons formels.

Cette transversalité est précisément ce qu'évalue, entre autres, le label Numérique Responsable de l'INR lorsqu'il mesure la maturité réelle d'une organisation sur les enjeux du Numérique Responsable.

 

La Fresque du Numérique : un moteur d'engagement collectif

Inspirée de la Fresque du Climat, la Fresque du Numérique est un atelier collaboratif de trois heures permettant à une équipe de reconstituer collectivement la chaîne des impacts du numérique. Le résultat n'est pas une liste de bonnes pratiques imposées d'en haut, mais une prise de conscience partagée qui génère un moteur d'engagement spontané et durable.

Ce qui rend cet outil particulièrement puissant pour la transformation culturelle : il ne s'adresse pas uniquement aux profils tech. Managers, équipes RH, commerciaux et juristes y trouvent autant de pertinence que les équipes IT. L'atelier devient ainsi un levier de transformation transfonctionnel, avec des effets sur la cohésion interne et sur la perception de la RSE numérique par les collaborateurs eux-mêmes. SPIE anime ces ateliers en entreprise avec ses propres facilitateurs certifiés, en présentiel ou en format hybride, et accompagne ensuite les organisations dans la construction d'une feuille de route NR structurée.

 

De l'atelier à la feuille de route

Un atelier génère de l'énergie et des idées. Encore faut-il les canaliser pour ne pas laisser l'élan retomber après le temps fort.

Pour conduire le changement dans la durée, une séquence en trois étapes doit être mise en place : (1) identifier les ambassadeurs internes pendant l'atelier lui-même, (2) formaliser un plan d'action priorisé avec des jalons de suivi trimestriels, (3) intégrer les objectifs NR dans les évaluations annuelles des équipes concernées.

Cette séquence transforme un événement ponctuel en processus continu d'amélioration et positionne l'organisation dans une démarche de transition numérique responsable à long terme.

 

3 bonnes pratiques numériques responsables à déployer maintenant

  • Auditer et nettoyer les données stockées. Chaque gigaoctet inutile sur un serveur consomme de l'énergie en continu. Un audit annuel des données redondantes, obsolètes ou triviales réduit directement l'impact environnemental numérique de l'organisation et génère des économies opérationnelles mesurables.
  • Définir une politique de durée d'utilisation, de reconditionnement et de fin de vie des équipements. Établir des règles claires de reconditionnement, de don ou de recyclage des terminaux en fin d'usage allonge leur durée de vie et réduit la pression sur la production de nouveaux appareils. C'est l'un des gestes les plus impactants pour réduire l’empreinte du numérique.
  • Former aux usages sobres. Sensibiliser les équipes à la compression des pièces jointes, au désabonnement des newsletters, à l'extinction des appareils en fin de journée : ces pratiques numériques durables ancrent la sobriété numérique dans la culture quotidienne sans aucun investissement technique.

Ces trois pratiques constituent un socle solide pour toute organisation souhaitant structurer sa stratégie de durabilité numérique sans attendre une labellisation complète.

 

Ce que garantit le label numérique responsable

Le label Numérique Responsable ne se limite pas à évaluer l'infrastructure technique. Il audite explicitement la maturité comportementale de l'organisation : les collaborateurs sont-ils formés ? Les usages sont-ils mesurés ? Les achats intègrent-ils des critères NR vérifiables par un comité indépendant ?

Ce label atteste d'une transformation culturelle réelle, non d'une simple conformité déclarative. Il constitue un signal fort pour les partenaires, les clients et les investisseurs sensibles aux critères ESG.

 

Transformer la contrainte en avantage concurrentiel

La transition numérique responsable n'est pas une charge supplémentaire imposée aux équipes IT. Bien menée, elle devient un puissant accélérateur d'engagement collaborateur , un signal crédible en matière de RSE et un levier d'attractivité pour les talents. Les organisations qui prennent de l'avance aujourd'hui se positionnent favorablement dans un marché où la durabilité numérique deviendra rapidement un critère standard d'évaluation.

 

Questions fréquentes

C'est quoi un numérique responsable ?

Le numérique responsable désigne l'ensemble des pratiques visant à réduire l'impact
 environnemental, social et économique du numérique sur l'ensemble de son cycle de vie : fabrication des équipements, usages quotidiens, fin de vie du matériel. Il s'appuie sur des piliers complémentaires : la gestion responsable des équipements et de leur cycle de vie, l'évolution des usages et comportements au quotidien, l'éco-conception des services numériques, une gouvernance structurée avec des objectifs mesurables, et des achats responsables intégrant des critères environnementaux et sociaux dès la sélection des fournisseurs.

Quels sont les 5 piliers du numérique responsable ?

Les 5 piliers du numérique responsable sont : (1) la stratégie et gouvernance, (2) les achats et l'approvisionnement responsable, (3) la gestion des terminaux et équipements (réemploi, allongement de la durée de vie), (4) l'optimisation des infrastructures et datacenters, et (5) la sobriété des usages et l'éco-conception des services numériques.

Quelles sont 3 bonnes pratiques numériques responsables ?

Trois bonnes pratiques accessibles et à fort impact : 
(1) auditer et supprimer les données inutilisées pour réduire la consommation énergétique du stockage, 
(2) allonger la durée de vie des équipements en adoptant une politique de reconditionnement ou de réemploi, 
(3) former les équipes aux gestes sobres au quotidien (compression des pièces jointes, extinction des appareils).

Comment sensibiliser efficacement ses collaborateurs au numérique responsable ?

La sensibilisation la plus efficace passe par l'expérience collective plutôt que par la formation descendante. Des ateliers comme la Fresque du Numérique permettent aux équipes de reconstruire elles-mêmes la chaîne des impacts, générant un engagement spontané bien plus durable qu'une présentation PowerPoint. L'identification d'ambassadeurs internes et la mise en place de quick-wins visibles après l'atelier consolident la dynamique sur le long terme.

Qui doit piloter la démarche numérique responsable dans une entreprise ?

La démarche numérique responsable ne peut pas être pilotée par la DSI seule, ni par la RSE seule. Elle nécessite une gouvernance transversale impliquant a minima la DSI (infrastructure et usages techniques), la direction RSE (objectifs, reporting, label), les RH (formation, culture interne) et les achats (critères fournisseurs). Dans les organisations les plus matures, un comité NR dédié est mis en place avec un sponsor au niveau du comité de direction.

 

Prêt à faire du numérique responsable un vrai levier de transformation pour vos équipes ?

Diagnostic NR avec feuille de route, Analyse du cycle de vie de l'IT, ateliers Fresque du Numérique animés par des facilitateurs certifiés, solutions de reconditionnement de vos appareils : SPIE vous accompagne à chaque étape.

[1] Gartner Survey Reveals 69% of CEOs View Sustainability as a Growth Opportunity

 

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